Un nouveau gun est en train de voir le jour à l’atelier. 9′6 » x 21″ » x 3 1/8 ». Les swells successifs de gros ont donné des idées à certains…

… et leur papa est un peu triste, tout en sachant qu’il aura régulièrement des nouvelles. C’est ainsi que ma dernière fille est partie vivre avec l’élu de son coeur et je ne peux réprimer un petit sentiment de jalousie même si celui-ci n’est pas tout à fait un inconnu et que je sais qu’il s’en occupera bien. Allez, soyez heureux tous les deux!

(Sur cette photo, je la serre dans mes bras une dernière fois avant de la laisser partir vivre sa vie…)

Rien de tel qu’un beau gloss pour donner à une planche un air « fini ». (Alors qu’en fait il reste quand même le polissage et le lustrage derrière…)

Ayant été obligé de « monter à la capitale » pendant quelques jours, j’ai confié la pose des dérives au glasser de Robin à Gato Heroï, Flo. Ayant récupéré la planche hier, je l’ai poncée ce matin. Il ne reste plus que le gloss, le polissage et le lustrage…

Ca commence à sentir l’écurie… Je vous ai laissés sans nouvelles pendant pas mal de temps car je faisais les collages deux par deux et faire des photos de cette étape aurait été fastidieux…

Alors, où en sommes-nous? Eh bien, tous les éléments précédemment évidés ont été recollés entre eux:

L’ensemble ne pèse plus « que » un peu moins de six kilos:

Après avoir finalisé les rails et poncé l’ensemble finement, passage d’une couche d’imprégnation à base de résine polyuréthane destinée à boucher les pores et à empêcher toute remontée d’humidité. Les lattes en red cedar commencent à bien ressortir:

A suivre: pose des boîtiers de dérives, strate, réalisation d’un pontet de leash en fibre de verre, etc… A bientôt pour de nouvelles aventures!

J’attaque la partie « allègement »… A ce stade, le « pain » pèse environ 8 Kgs. Eh oui, le balsa -même léger- est plus lourd que la mousse…

Tout d’abord, traçage des évidements:

Puis perçage de trous aux quatre coins de chaque « chambre »:

Découpe à la scie sauteuse entre les trous:

Premier morceau terminé… En arrière-plan, à gauche, la moitié de planche qui n’a pas encore été désassemblée:

La bête est au stade « shape grossier », juste avant le désassemblage et l’usinage des évidements pour gagner du poids:

Ultimes vérifications avec le template avant pré-assemblage:

Pré-assemblage par vis (successivement cachées par les différentes pièces):

Pré-assemblage final, les deux dernières pièces aux extrémités sont fixées par deux points de colle. Ceci doit permettre de démonter tout l’ensemble lorsque le shape sera quasiment terminé afin d’évider chaque pièce pour gagner un peu de poids:

Au centre de ce gun, une double T-band red cedar 2,5 mm, balsa 35 mm, red cedar 6 mm, balsa 35 mm, red cedar 2,5 mm:

Tirer des lattes de red cedar aussi fines avec une scie à ruban non professionnelle, c’est assez sportif… mais on y arrive avec un peu de concentration…

Ensuite, coupe des madriers aux dimensions approximatives, et découpe du rocker dans la moitié d’entre eux (pour l’instant…):

On dirait que ça commence à ressembler vaguement à quelque chose…

A bientôt pour de nouvelles aventures!

Une commande inhabituelle (mais qui fait bien plaisir): un gun de 9′ pour Guéthary en balsa évidé.

Pour ceux qui ne connaissent pas, je rappelle que le balsa est un bois très léger utilisé de nos jours presque exclusivement pour la fabrication de maquettes. Ses autres applications ont été, au fil des années, remplacées par les mousses plastiques et la conséquence est une grande difficulté d’approvisionnement dans des longueurs compatibles avec la construction de planches. En effet, si l’on trouve couramment des pièces jusqu’à 1,50 M environ, il est quasi impossible de se procurer des madriers de plus de 2,00 M (voire 3,00 M et plus) à moins d’importer soi-même directement depuis l’Equateur, principal pays de production. Et là, on se heurte au problème des coûts de transport et des formalités douanières…

Aussi je ne remercierai jamais assez Jérémie de l’atelier Surf Experience au Cap Ferret de s’être lancé dans l’aventure de l’importation, ce qui permet à quelques shapers comme moi de se lancer dans la production de planches d’exception.

Le terme n’est pas excessif, loin de là, car au-delà des difficultés pour trouver la matière première, le processus de production est long et complexe. Le résultat, en revanche, est une planche que l’on garde pour la vie et qu’on transmettra sans doute à ses enfants et petits enfants…

Contrairement à une planche en mousse pour laquelle il « suffit » d’acheter un « pain » le plus proche possible du produit fini, la construction en balsa évidé nécessite tout d’abord une sélection rigoureuse de madriers qui, une fois collés ensemble, constitueront le « pain » dans lequel sera shapée la planche. Cette sélection se fait en fonction du poids (différent suivant les pièces) et des dimensions (en l’occurrence, le rocker important d’un gun nécessite des pièces ayant soit une largeur d’au moins 15 à 20 centimètres, soit une courbure d’origine proche de ce rocker). Quasiment tous les madriers sont plus ou moins « tordus » et nécessitent un long travail de dégauchissage/rabotage afin de créer des plans de collage droits et d’équerre.

Voici les fameux madriers, fraîchement débarqués du van au retour du Cap Ferret:

Le premier travail consiste à les peser individuellement afin de pouvoir les répartir de part et d’autre du centre de symétrie avec une certaine régularité:

Vient ensuite la partie dégauchissage/rabotage:

…puis, après traçage du gabarit de rocker, la découpe (grossière) de celui-ci à la scie à ruban:

…ce qui donne ceci:

Puis chaque madrier est scié en deux dans le sens de la longueur, les traces de sciage effacées à la raboteuse. Ceci va permettre une répartition optimum des poids (mais aussi des teintes et veinages légèrement différents):

A ce stade, un premier assemblage « à blanc » permet de visualiser un peu à quoi ressemblera le bloc de départ. Sur la photo, toutes les pièces ne sont pas encore présentes:

Comme nous sommes dimanche et que j’ai pitié des voisins, je ne fais pas tourner les machines aujourd’hui. A très bientôt, néanmoins, pour de nouvelles aventures! A savoir: assemblage temporaire par points de colle des madriers, traçage et découpe de l’outline, shape de l’ensemble jusqu’à un stade proche du produit fini, désassemblage des madriers afin de pouvoir les évider individuellement (gain de poids), recollage de l’ensemble, finition et entoilage classique. Y’a du taf en perspective…

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Guéthary Surfboards : Chaque planche est unique !