Une commande inhabituelle (mais qui fait bien plaisir): un gun de 9′ pour Guéthary en balsa évidé.

Pour ceux qui ne connaissent pas, je rappelle que le balsa est un bois très léger utilisé de nos jours presque exclusivement pour la fabrication de maquettes. Ses autres applications ont été, au fil des années, remplacées par les mousses plastiques et la conséquence est une grande difficulté d’approvisionnement dans des longueurs compatibles avec la construction de planches. En effet, si l’on trouve couramment des pièces jusqu’à 1,50 M environ, il est quasi impossible de se procurer des madriers de plus de 2,00 M (voire 3,00 M et plus) à moins d’importer soi-même directement depuis l’Equateur, principal pays de production. Et là, on se heurte au problème des coûts de transport et des formalités douanières…

Aussi je ne remercierai jamais assez Jérémie de l’atelier Surf Experience au Cap Ferret de s’être lancé dans l’aventure de l’importation, ce qui permet à quelques shapers comme moi de se lancer dans la production de planches d’exception.

Le terme n’est pas excessif, loin de là, car au-delà des difficultés pour trouver la matière première, le processus de production est long et complexe. Le résultat, en revanche, est une planche que l’on garde pour la vie et qu’on transmettra sans doute à ses enfants et petits enfants…

Contrairement à une planche en mousse pour laquelle il « suffit » d’acheter un « pain » le plus proche possible du produit fini, la construction en balsa évidé nécessite tout d’abord une sélection rigoureuse de madriers qui, une fois collés ensemble, constitueront le « pain » dans lequel sera shapée la planche. Cette sélection se fait en fonction du poids (différent suivant les pièces) et des dimensions (en l’occurrence, le rocker important d’un gun nécessite des pièces ayant soit une largeur d’au moins 15 à 20 centimètres, soit une courbure d’origine proche de ce rocker). Quasiment tous les madriers sont plus ou moins « tordus » et nécessitent un long travail de dégauchissage/rabotage afin de créer des plans de collage droits et d’équerre.

Voici les fameux madriers, fraîchement débarqués du van au retour du Cap Ferret:

Le premier travail consiste à les peser individuellement afin de pouvoir les répartir de part et d’autre du centre de symétrie avec une certaine régularité:

Vient ensuite la partie dégauchissage/rabotage:

…puis, après traçage du gabarit de rocker, la découpe (grossière) de celui-ci à la scie à ruban:

…ce qui donne ceci:

Puis chaque madrier est scié en deux dans le sens de la longueur, les traces de sciage effacées à la raboteuse. Ceci va permettre une répartition optimum des poids (mais aussi des teintes et veinages légèrement différents):

A ce stade, un premier assemblage « à blanc » permet de visualiser un peu à quoi ressemblera le bloc de départ. Sur la photo, toutes les pièces ne sont pas encore présentes:

Comme nous sommes dimanche et que j’ai pitié des voisins, je ne fais pas tourner les machines aujourd’hui. A très bientôt, néanmoins, pour de nouvelles aventures! A savoir: assemblage temporaire par points de colle des madriers, traçage et découpe de l’outline, shape de l’ensemble jusqu’à un stade proche du produit fini, désassemblage des madriers afin de pouvoir les évider individuellement (gain de poids), recollage de l’ensemble, finition et entoilage classique. Y’a du taf en perspective…



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Guéthary Surfboards : Chaque planche est unique !